De l’hiver 1989 jusqu’en 2007, la vie à l’auberge a été rude mais riche.
En effet, les six premières années ont été très rudes, pas d’eau à l’Auberge la première année, il faut aller chercher l’eau à la fontaine de Nanchenu ou à la source du Paradis ! Il y a trop peu d’activité pour parvenir à installer une routine de travail et des clients réguliers.
De plus, durant les trois premières années, il y a très peu de neige.
Pour Josette, un premier hiver dans le petit chalet avec son fils Nicolas (9 ans) qui remonte de l’école avec le dernier télésiège et grâce à une autorisation de sortie anticipée alors que Gérard est en Haute-Savoie avec leurs deux filles.
Le second hiver se passe avec les trois enfants (dont Céline qui se casse la jambe !) alors que Gérard continue à travailler en Haute-Savoie. Et puis il faut faire l’apprentissage de la restauration. Josette est infirmière de formation, alors, bien sûr, cuisiner pour beaucoup de personnes à la fois, être aux fourneaux sans aide pendant les dix premières années, c’est difficile. Mais surtout, après les interruptions de saison, retrouver des automatismes prend du temps. La reprise à chaque saison demande un vrai effort.
Au fil des années, la famille se réunit à nouveau, d’abord lors des vacances scolaires d’été et d’hiver. Puis Gérard quitte la Haute-Savoie après deux ans et demi de trajets hebdomadaires.
Dès 1990, la famille prend un petit appartement à St Col dans l’immeuble du Prin, les conditions de vie à l’Auberge étant difficile de par la situation et du chantier de rénovation quasi permanent.
Durant l’hiver 1994, il y a beaucoup de neige, la station reste ouverte jusqu’au 10 avril, le métier rentre.
Le manque de neige durant certains hivers, particulièrement en 2001, le peu de monde hors des vacances de Noël et de février poussent Josette et Gérard à reprendre des activités salariées en plus du travail de l’Auberge.
De 2005 à 2007, toute la famille vit à l’Auberge. Grâce à la liaison avec les Sybelles enfin réalisée, les clients sont nombreux (jusqu’à 70 repas par jour en janvier).
Céline (la plus jeune des filles de Josette et Gérard) travaille avec eux mais redescend le soir à l’appartement, elle vient de finir ses études d’infirmière à Grenoble et reprend le flambeau.
En 2007, Josette quitte définitivement son travail d’infirmière dans la vallée et l’auberge rouvre à compter du 1er mai, pour la saison d’été.
Durant cet été, diverses démarches auprès des autorités compétentes sont effectuées pour l’installation de renvois d’eau sur le chemin d’accès très dégradé, démarches qui resteront sans suite ! Ce seront finalement des bénévoles dont certains de plus de 75 ans qui effectueront les travaux !
Ce choix de vie radical a demandé une grande résilience surtout à nos enfants, il a été d’une grande richesse, nous avons tenu grâce à l’entraide familiale, aux belles rencontres faites avec les clients et les saisonniers. La convivialité avec les personnes, saisonniers, familles, clients, tout cela est irremplaçable.
Travailler en couple a été également d’un grand soutien, la complémentarité des deux caractères et la répartition des tâches a permis une belle entente.
Si on avait su, on ne serait pas venu… et on ne regrette pas !
Si on avait su par tout ce qu’il fallait passer, par tout ce qu’il y avait d’insupportable... mais finalement d’année en année on oubliait et au final on se dit :
« Ça valait le coup. »
D’abord pour la santé de Gérard, l’air était meilleur et le projet l’a soutenu.
À St Col le relief et le climat sont rudes, et les gens sont modelés par cette rudesse, mais quand on lève la tête, c’est tellement beau que ça nous relève de tout.
Et puis d’avoir vécu toutes ces années à St Col, nous n’avons jamais regretté malgré toutes les galères. C’est une satisfaction d’être allé au bout et de pouvoir passer le flambeau à d’autres.
Josette Rostaing-Troux
Merci à tous ceux qui ont participé à l’aventure.
Les professionnels, Gérard et nos enfants, nos familles, les amis, nos clients, nos employés, au personnel des pistes et aux acteurs municipaux.#Merci à la nature d’être si belle en toutes saisons ici à St Col.
« Si les Villards m’étaient contés ». Interview et photos recueillies auprès de Josette Rostaing-Troux par Josette Lièvre.






