L’auberge du Coin, de l’idée à l’inauguration

L'Auberge du coin - 1928
L’Auberge du coin - 1928
Crédits : Collection personnelle
L'Auberge du coin - 1972
L’Auberge du coin - 1972
Crédits : Collection personnelle

En 1987, le projet de Gérard et Josette a été de construire une auberge et un gîte d’étape à partir de l’héritage de Gérard d’un ancien chalet d’alpage et d’une grange à 1450m d’altitude. Ceci, en lien avec le projet communal d ’agrandir la station et de la relier par l’Ouillon aux autres stations.
Le lieu dit était Le Coin et c’est devenu logiquement l’Auberge du Coin, « c’est Le Coin avec un des meilleurs panorama de St Col » ! 
Il s’agissait aussi pour Gérard de s’échapper des plaines après 15 ans de bronchites à répétition et pour tous les deux de créer un lieu d’accueil en milieu montagnard.

L'Auberge du coin - hiver 1990
L’Auberge du coin - hiver 1990
Crédits : Collection personnelle

Le permis de construire a été déposé le 8 août 1988 pour une auberge et un gîte d’étape.
Les travaux se sont faits en famille et avec des amis dès juillet 1988
L’ouverture a eu lieu le 25 décembre 1988 dans le petit chalet puis le 31 décembre 1991 dans la nouvelle auberge.
En hiver, la restauration est l’activité principale avec des recettes très villarinches : matouille, teillons à la floue et une carte variée pour le plaisir de tous.
En 1992, Gérard et Josette transforment le petit chalet en gîte et peuvent recevoir plus de monde l’été en plus de la restauration très différente de l’ hiver.

L'Auberge du coin - octobre 1991
L’Auberge du coin - octobre 1991
Crédits : Collection personnelle

Le travail intense des années précédant l’ouverture puis des années suivantes pour les améliorations, est soutenu par un immense espoir. N’avez-vous jamais douté ?

Oh si ! ... Pas de chemin, pas d’eau, pas d’électricité, pas de téléphone, pas de neige !
Une anecdote, on a failli abandonner dès juin 1988 avant de commencer ;
mon beau-père était monté avec ses moutons et l’âne. Il n’a pas vu l’âne s’engouffrer dans le chalet et quand il est redescendu à pied en laissant ses bêtes pâturer, il croyait que l’âne était dans les prés. L’âne est resté 8 jours enfermé dans le chalet et quand nous sommes montés la semaine suivante nous avons trouvé l’intérieur tout fracassé en mille morceaux. Seul le lustre était intact. Et quand j’ai voulu le décrocher il m’a échappé et s’est cassé. Alors là, oui, on a traversé un moment de doute. Mais il y en a eu d’autres...

Par exemple alors que le chalet d’alpage accueillait au début de l’été en soirée, nous avons eu une réservation pour une quinzaine de personnes. Tout était prêt mais il pleuvait beaucoup et le chemin argileux était glissant. À l’époque il n’y avait pas de téléphone. Gérard est descendu en 4x4 malgré le mauvais temps et le risque de glissade pour prendre en charge le groupe qui avait réservé mais une fois en bas on lui apprend que le groupe se décommande !
Que de gâchis !

L'Auberge du coin - juillet 1991
L’Auberge du coin - juillet 1991
Crédits : Collection personnelle

L’espoir qui vous portait de faire de cette auberge un lieu de rencontres, d’échanges s’est-t-il réalisé ?

Oui, beaucoup de personnes de la famille et d’amis nous ont aidés. Beaucoup de « belles rencontres » aussi, surtout avec ceux qui louaient le gîte (après 1992) parce que nous avions plus de temps pour nous connaître.
Gérard était des Villards, du Châtelet, alors on a eu plusieurs soutiens de Villarins . Les critiques nous atteignaient peu.

L'Auberge du coin - 1988
L’Auberge du coin - 1988
Crédits : Collection personnelle

Ce qui aurait pu rendre les choses beaucoup plus faciles voire tout changer aurait été une bonne neige tous les hivers évidemment, la liaison Sybelles réalisée dans les délais et le chemin d’accès à l’Auberge entretenu et carrossable pour tous les véhicules.

Considérez-vous que votre « rêve » se soit réalisé ?

Oui, avec quelques années cauchemardesques tout de même car au départ le projet était de faire une auberge et un gîte de 18 places pour en vivre correctement. Pour le gîte, techniquement et financièrement cela s’est vite révélé impossible mais en 2009 après l’incendie du petit chalet, on a pu reconstruire le gîte actuel pour 15 personnes donc en définitive oui, nous avons réalisé notre projet de départ mais en travaillant sans cesse et sans vacances.

L'Auberge du coin - octobre 1989
L’Auberge du coin - octobre 1989
Crédits : Collection personnelle
L'Auberge du coin - août 1991
L’Auberge du coin - août 1991
Crédits : Collection personnelle

Tout au long de ces années, cela a été difficile physiquement et financièrement. Hors saison, l’isolement et le manque de liens sociaux pouvaient peser. Mais malgré tout notre vie est toujours restée intéressante et de découragements en relances, nous avons la sensation d’avoir été à notre place, avec la satisfaction d’être allés jusqu’au bout.
Toutefois, la retraite a été la bienvenue.
Nous sommes restés sur place 29 ans. Cette belle mais difficile aventure nous a permis de revenir vivre dans le pays d’origine de Gérard qui se languissait dans son métier et dont la santé se détériorait loin de ses montagnes.

L'Auberge du coin - intérieur du châlet d'alpage - juin 1993
L’Auberge du coin - intérieur du châlet d’alpage - juin 1993
Crédits : Collection personnelle
« Si les Villards m’étaient contés ». Interview et photos recueillies auprès de Josette Rostaing-Troux par Danièle Nicol.