A la découverte de l’épicerie du Chef-Lieu, chez Ida

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Une épicerie centenaire à Saint-Colomban-des-Villards !

L’épicerie a été ouverte de 1871 à 1981, elle a été tenue par les arrière-grands-parents d’Ida, ses grands-parents, ses parents puis par Ida et son mari.
Ida était bergère avec sa maman quand son père lui a demandé de venir travailler dans l’Epicerie, c’était en 1950, elle avait 14 ans.
Elle y a travaillé avec ses parents jusqu’en 1974, date du décès de sa maman. Toutefois, durant l’été, elle y travaillait déjà seule puisque sa maman montait en alpage aux Echets avec le frère d’Ida, dès le mois de juin et jusqu’à la fin de la saison.
A partir de ce moment-là, elle a tenu l’épicerie avec son mari et ce jusqu’en 1981, date de l’avalanche qui a détruit l’Epicerie. Ida a beaucoup aimé être épicière parce qu’elle voyait du monde passer, ne restait pas assise. Cette activité lui plaisait. L’avalanche du 20 janvier 1981 qui a détruit l’Epicerie et lui a fait perdre son métier a été une souffrance pour elle.
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Des générations de villageois et de vacanciers

La clientèle était locale mais pouvait venir des autres hameaux, parce que chaque épicerie avait une « spécialité » (vin, gaz …) mais aussi parce qu’il pouvait y avoir des promotions qui attiraient des clients ponctuellement.
Il y avait également une clientèle touristique à partir des années 70, c’était plutôt du tourisme d’été, la création du camping GCU (Groupement des Campeurs Universitaires de France) en 1971 a amené une bonne clientèle qui restait sur place pendant son séjour et « dépensait » à l’épicerie d’Ida.
Ida a reçu jusqu’il n’y a pas très longtemps des nouvelles d’anciens vacanciers, elle possède une belle photo de l’épicerie offerte par un touriste. D’autres vacanciers logeaient également dans les 2 hôtels du Chef-Lieu et dépensaient à l’épicerie d’Ida.
L’épicerie était ouverte tous les jours de la semaine de 5h 30 du matin jusqu’à tard le soir (23heures !). Il n’était pas rare qu’une fois l’épicerie fermée et Ida dans son lit prête à s’endormir, des jeunes ou des moins jeunes aient besoin d’un biscuit ou de toute autre denrée qu’ils n’avaient pu acheter et qu’ils l’appellent jusqu’à ce qu’elle se lève, comme elle habitait juste au-dessus !
Ida se souvient encore des 320 flûtes vendues avec l’aide de ses filles Mauricette et Marie-Dominique qui avaient 7 ans lors du passage du Tour de France en 1977.
L’arrivée des emballages a permis de supprimer progressivement le vrac, c’était plus simple, plus rapide et demandait moins de manutention. Le vrac était dans de grands bacs et il fallait se pencher souvent pour servir.

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A l’étal de l’épicerie d’Ida, on trouvait...

  • Des bonbons à l’unité répartis dans 40 bocaux …
  • Du SLIM, des biscuits
  • Durant l’été, des salades du jardin…
  • Et du sucre pour faire la confiture de myrtilles
  • Durant l’hiver, du lait des 4 vaches d’Ida pour les classes de neige…
  • De l’huile qui figeait l’hiver parce que le magasin n’était pas chauffé !
  • De la polenta et des pâtes en vrac…
  • De la morue séchée
  • De la quincaillerie des Etablissements Fontana
  • De la mercerie
  • Des graines d’Avignon
  • Des cartes postales
  • Des cierges
  • Du vin et des fromages

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Il était une fois...l’épicerie d’Ida

Témoignage de Paulette Larouère, cliente de l’épicerie (N°95 du petit Villarin).

Il était une fois une petite épicerie là, juste à l’entrée de St Colomban, près de l’église, une vraie épicerie comme il n’en existe plus. C’était le domaine de Ida.
Ici, pas de pancarte précisant les horaires de fermeture : quel que soit le moment, le magasin était ouvert. Il suffisait de pousser la porte, la petite cloche tintait et Ida, toujours souriante, arrivait. Quel accueil ! Ce n’était pas qu’un simple bonjour qui s’échangeait. Les nouvelles circulaient : on parlait des enfants, de la famille, des occupations de la journée. Ida servait, pesait, rendait la monnaie tout en participant à la conversation. Sa gentillesse était sans limite, sa bonne humeur contagieuse. Que d’anecdotes à raconter ! En voici une parmi tant d’autres.
En 1978, en tant que nouveaux adeptes du camp GCU de St Col, nous venions de découvrir la cueillette des myrtilles. Je voulais rapporter de la confiture mais je n’avais aucun matériel, ni balance, ni pots. Qu’à cela ne tienne ! Ida (qui vendait pourtant des confitures) avait pesé nos fruits, le sucre et nous avait donné des pots vides qu’elle gardait à la cave « pour rendre service » ! Je ne connais personne capable d’un tel geste aujourd’hui, sauf Ida qui chaque année, au mois d’août me dépanne encore.
Nous avons gardé de ces vacances-là des souvenirs qui ne s’effaceront pas : les bocaux de verre pleins de bonbons, les rayons débordant de marchandises, les odeurs de fruits, l’inscription à la craie sur la porte de la cave : « Les filles, la porte ! » à l’intention de Mauricette et Marie-Do qui oubliaient toujours de la fermer cette maudite porte. Par-dessus tout cela rayonnait le sourire de Ida.
Mais un jour de janvier 81, l’avalanche a balayé une partie du village, emportant la petite épicerie, n’épargnant que la cuisine. Et c’est là que, chaque jour, Ida et Firmin reviennent, c’est toujours leur « maison ». « La soupe est bien meilleure quand elle cuit chez nous » affirment-ils. Nous les croyons bien volontiers.