A la découverte de l’épicerie, chez Marie de la cordonnière

L’épicerie du Martinan, chez Emieux, Saint-Colomban-des-Villards

Epicerie, chez Marie de la cordonnière
Epicerie, chez Marie de la cordonnière
Crédits : Carte Postale

Mélanie Martin-Cocher, la grand-mère de Liliane, tenait une épicerie-mercerie un peu plus haut au Martinan, que son père avait créée avant 1900.
C’est elle qui a décidé la construction d’une deuxième épicerie, dans les années 1930-1932.
Marie, la mère de Liliane, a toujours travaillé avec sa propre mère, Mélanie, et, après le décès de celle-ci, a continué le commerce avec son mari, Jean-Baptiste Emieux. Aujourd’hui, c’est la maison de Liliane.
L’épicerie était toute sa vie, elle l’a tenue pendant près de quarante ans !
Jean-Baptiste tenait le café contigu à l’épicerie, mais travaillait aussi à l’extérieur, l’été, dans une carrière puis dans le transport.
Dans les années 65-70, le développement automobile a entraîné une baisse de l’activité de l’épicerie. On allait faire les courses dans la vallée. La population avait aussi beaucoup diminué. Les anciens disparaissaient, les maisons se vidaient, et les Villarins s’en allaient chercher du travail plus loin. Cependant, un peu plus tard, de jeunes couples sont venus s’installer dans la région.
En 1979, Marie et Jean-Baptiste ont pris leur retraite, à regret, et l’épicerie a dû fermer.
Une page s’est tournée au Martinan, mais aussi pour les Villards.

Une clientèle de fidèles

L’épicerie était ouverte du lever au coucher ! Et il n’y avait pas de vacances.
Les gens venaient en bas, devant le magasin, et appelaient les épiciers.
Pendant l’année, la clientèle était essentiellement du pays, il y avait peu de gens de passage. Mais l’activité augmentait beaucoup en août, avec la venue des vacanciers, et aussi la colonie de Rennes et le camping du GCU (Groupement des Campeurs Universitaires) initié par Yvon Martin-Cocher.

C’était une clientèle de fidèles qui revenait chaque année. (Phrase manquante sur le panneau)

Un lieu de vie

L’épicerie était également un lieu de rencontres et de retrouvailles ! On venait s’approvisionner mais aussi discuter, s’informer.
Marie Emieux conversait aussi bien en patois qu’en français.
Les touristes appréciaient aussi beaucoup ce lieu, qu’ils trouvaient convivial, et Marie a noué de nombreuses amitiés avec les familles qui revenaient chaque été aux Villards.
Au café, les Villarins buvaient des petits verres de rouge ou de blanc limé, où, parfois, il n’y avait pas beaucoup de limonade dans le verre…
Que de discussions et d’histoires racontées !
Mais, très souvent, la conversation se terminait en patois, et les touristes ne connaissaient jamais la fin de l’histoire !

À l’étal de Chez Marie, on trouvait… De tout... !

  • des fruits et des légumes
  • de la mercerie, des tissus, de la laine
  • de la liqueur et du vin (il y avait une pompe à vin et on le servait à la tireuse)
  • des produits d’entretien
  • de l’outillage (tiroirs à clous)
  • des bonbons vendus en vrac
  • des saucisses
  • des conserves
  • du pain
  • des souvenirs, des cartes postales et des petits bijoux
  • du café que la grand-mère faisait griller elle-même avec un brûloir à café.
Marie Emieux
Marie Emieux
Crédits : Collection personnelle

À L’étal de Chez Marie, on trouvait aussi…

L’épicerie vendait aussi des couronnes mortuaires, dont Jean-Baptiste Emieux écrivait lui-même la « dédicace », le soir.
Dans les années 50-60, le prêtre louait la cure à des vacanciers, à qui l’épicerie fournissait des réchauds à gaz.
Marie a proposé le téléphone. Seuls quelques commerçants avaient un appareil. Les gens venaient pour téléphoner, et l’épicerie recevait aussi des appels avec des messages à transmettre, ce qui n’était pas toujours facile !
Puis l’installation d’une armoire frigorifique a permis de vendre des produits laitiers et des produits frais.